AU FIL DES JOURS

L’ANSES en danger ?

/extraits d’une tribune d’un collectif de vétérinaires parue dans « Le Monde » le 18/05/2025 https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/05/18/securite-sanitaire-en-affaiblissant-l-anses-on-fragilise-le-principe-meme-d-une-expertise-independante_6606724_3232.html

Depuis sa création, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) joue un rôle-clé dans la protection de la santé publique et de l’environnement.

Les agences de sécurité sanitaire ont été mises en place après plusieurs crises sanitaires de grande ampleur (amiante, sang contaminé, crise de la vache folle…), qui avaient montré la nécessité de structurer une capacité d’expertise scientifique chargée de l’évaluation des risques, apte à éclairer la décision publique sur la gestion de ces risques. Cette expertise publique indépendante et transparente a pour objectif principal de protéger les conditions de la décision publique en matière sanitaire.

 Depuis 2014 l’Anses est devenue la référence nationale pour l’autorisation des produits phytosanitaires,  

Aujourd’hui, l’expertise indépendante de l’Anses (qui mobilise des comités d’experts issus de la recherche, de la médecine, des sciences vétérinaires, de l’agronomie ou de la toxicologie) garantit la rigueur scientifique des décisions concernant les médicaments vétérinaires, les produits phytopharmaceutiques, les biocides, les fertilisants ou les supports de culture. L’Anses s’appuie sur une évaluation collective, transparente, fondée sur la publication des liens d’intérêts et le respect d’une charte déontologique stricte. Cette organisation, souvent citée en exemple au niveau européen, permettait jusqu’ici de résister aux pressions économiques et politiques.

 Pourtant, la crédibilité de l’agence est aujourd’hui menacée. Plusieurs signaux d’alerte sont apparus : contestation croissante de ses avis, attaques médiatiques ciblées, tensions internes entre l’urgence de rendre des décisions et l’exigence scientifique et ont illustré la difficulté pour l’Anses de maintenir le cap de l’indépendance face à des intérêts puissants et à une opinion publique parfois méfiante contraire à l’esprit de neutralité scientifique.

La science n’est pas un simple accessoire du débat public : elle doit en être le socle. A l’heure où les enjeux environnementaux et sanitaires s’amplifient, affaiblir l’Anses, c’est fragiliser notre capacité collective à protéger la santé des citoyens et l’avenir de notre agriculture.

Deux principes prévalent pour la protection de la santé publique : la séparation de l’évaluation du risque (science) de la gestion du risque (politique) et l’indépendance de l’évaluation du risque fondée sur l’expertise scientifique protégée de toute pression politique ou économique. Tout retour en arrière serait une régression délétère pour la santé globale.

Et en PJ la réaffirmation par le conseil scientifique de L’Anses de l’importance de l’expertise scientifique indépendante dans la prévention, l’évaluation et la gestion des risques par les pouvoirs publics https://www.anses.fr/fr/content/positionnement-du-conseil-scientifique-sur-limportance-de-lexpertise-scientifique