S’il y a quelque chose qu’on ne peut pas reprocher au sénateur Duplomb, c’est la clarté de ses objectifs. La défense des intérêts des exploitants agricoles, représentants les plus grandes fermes, le plus souvent détenues par des sociétés et intégrées aux filières agro-alimentaires est son obsession :
– les élevages classés « installation classées protection de l’environnement » (ICPE ), soit 3 % des élevages (1) ;
– les exploitations intensives en grande cultures irriguées (selon Reporterre (2) seuls 15 % des exploitants français sont des irrigants et parmi eux, seul 1 % d’entre eux sera connecté aux mégabassines),
– les exploitations fortement consommatrices d’intrants (10 % des exploitations – essentiellement en grandes cultures- consomment le tiers des pesticides).
- Aux uns il permet une élévation des seuils des polluantes installations agricoles classées pour la protection de l’environnement (ICPE) – de 45 000 à 85 000 pour les élevages de volaille par exemple.
- Aux autres, il offre la reconnaissance des mégabassines comme répondant désormais « à une Raison impérative d’intérêt public majeur » (RIIPM). Ce qui signifie qu’elles vont pouvoir être construites dans les secteurs où se trouvent des espèces protégées et que cela va compliquer un peu plus leur contestation devant les tribunaux. …
- A tous il fait passer le message que la limitation des pesticides, ça commence à bien faire : réintroduction de néonicotinoïdes, mise au pas de l’OFB (Office Français de la Biodiversité) qui passe sous le contrôle des préfets, avec en point d’orgue la mise sous tutelle de l’Anses. Pour obtenir le vote de la macronie et du bloc central, les termes un peu trop crus tels que « priorisation », évoquant une mise sous tutelle de l’Agence chargée de délivrer les autorisations de mise sur le marché des pesticides ont été écartés à l’issue du passage en CMP. Cependant la substitution d’un comité des solutions au comité d’orientation agricole tant décrié, ne laissait guère de doute, comme nous le précisions dans le courrier envoyé quelques jours avant le vote aux députés du centre (3).
D’ailleurs le soir même de l’adoption de la Loi à l’Assemblée Nationale, un décret (4) est venu préciser les contours de ce comité des solutions : « Le ministre chargé de l’agriculture peut établir, par un arrêté pris après avis de l’INRAE, la liste des usages ayant pour objet de lutter contre des organismes nuisibles … contre lesquels les moyens de lutte sont insuffisants ou susceptibles de disparaître à brève échéance »… « Le directeur général de l’Agence tient compte, dans le calendrier d’examen des demandes d’autorisation de mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques …de l’arrêté mentionné « .
La priorisation des usages chassée par la porte est bien revenue par la fenêtre, et on peut déjà imaginer les pressions qui pèseront sur le futur directeur de l’Anses lorsqu’il devra « tenir compte »….
Les députés qui ont validé cette loi ne profitant qu’à une minorité d’exploitations agricoles de grandes dimensions et aux bénéfices de l’agro-industrie sont individuellement responsables de leur vote et donc coupables des conséquences délétères.
Nous ne savons pas s’ils sont menteurs ou perdreaux de l’année mais ils seront comptables d’une politique qui aggravera les pertes de biodiversité, la pollution des eaux, et les atteintes à la santé humaine, à commencer par celle des agriculteurs, en tournant le dos à l’indispensable transition agroécologique : Adieu le plan Ecophyto ?
Mais de nombreux collectifs se révoltent et nous relayons la demande de signature de ces 2 pétitions sur le site de l’Assemblée Nationale :
👊 La première, lancée sur le site de l’Assemblée Nationale a atteint plus de 2.000.000 signatures en peu de semaines, et ce n’est pas fini! : https://www2.assemblee-nationale.fr/petitions/petitions
Ce texte pourra être débattu en séance publique puisqu’il dépasse les 500 000 signatures.
Ecoutez aussi : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-mardi-22-juillet-2025-6963993
👊 Une autre : Pour une sortie des pesticides de synthèse ! a été lancée au même moment, mais elle a été plus longue à valider par l’AN car elle compte 5 co-auteurs : https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3021
(1) https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/07/02/agriculture-la-proposition-de-loi-duplomb-favorise-les-plus-puissants-et-oublie-les-plus-modestes_6617370_3244.html
(2) https://reporterre.net/Loi-Duplomb-adoption-d-un-texte-funeste-pour-l-environnement
(3) Courrier aux députés du bloc central
(4) https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051871973
S’il y a quelque chose qu’on ne peut pas reprocher au sénateur Duplomb, c’est la clarté de ses objectifs. La défense des intérêts des exploitants agricoles, représentants les plus grandes fermes, le plus souvent détenues par des sociétés et intégrées aux filières agro-alimentaires est son obsession :
– les élevages classés « installation classées protection de l’environnement » (ICPE ), soit 3 % des élevages (1) ;
– les exploitations intensives en grande cultures irriguées (selon Reporterre (2) seuls 15 % des exploitants français sont des irrigants et parmi eux, seul 1 % d’entre eux sera connecté aux mégabassines),
– les exploitations fortement consommatrices d’intrants (10 % des exploitations – essentiellement en grandes cultures- consomment le tiers des pesticides).
D’ailleurs le soir même de l’adoption de la Loi à l’Assemblée Nationale, un décret (4) est venu préciser les contours de ce comité des solutions : « Le ministre chargé de l’agriculture peut établir, par un arrêté pris après avis de l’INRAE, la liste des usages ayant pour objet de lutter contre des organismes nuisibles … contre lesquels les moyens de lutte sont insuffisants ou susceptibles de disparaître à brève échéance »… « Le directeur général de l’Agence tient compte, dans le calendrier d’examen des demandes d’autorisation de mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques …de l’arrêté mentionné « .
La priorisation des usages chassée par la porte est bien revenue par la fenêtre, et on peut déjà imaginer les pressions qui pèseront sur le futur directeur de l’Anses lorsqu’il devra « tenir compte »….
Les députés qui ont validé cette loi ne profitant qu’à une minorité d’exploitations agricoles de grandes dimensions et aux bénéfices de l’agro-industrie sont individuellement responsables de leur vote et donc coupables des conséquences délétères.
Nous ne savons pas s’ils sont menteurs ou perdreaux de l’année mais ils seront comptables d’une politique qui aggravera les pertes de biodiversité, la pollution des eaux, et les atteintes à la santé humaine, à commencer par celle des agriculteurs, en tournant le dos à l’indispensable transition agroécologique : Adieu le plan Ecophyto ?
Mais de nombreux collectifs se révoltent et nous relayons la demande de signature de ces 2 pétitions sur le site de l’Assemblée Nationale :
👊 La première, lancée sur le site de l’Assemblée Nationale a atteint plus de 2.000.000 signatures en peu de semaines, et ce n’est pas fini! : https://www2.assemblee-nationale.fr/petitions/petitions
Ce texte pourra être débattu en séance publique puisqu’il dépasse les 500 000 signatures.
Ecoutez aussi : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-mardi-22-juillet-2025-6963993
👊 Une autre : Pour une sortie des pesticides de synthèse ! a été lancée au même moment, mais elle a été plus longue à valider par l’AN car elle compte 5 co-auteurs : https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3021
(1) https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/07/02/agriculture-la-proposition-de-loi-duplomb-favorise-les-plus-puissants-et-oublie-les-plus-modestes_6617370_3244.html
(2) https://reporterre.net/Loi-Duplomb-adoption-d-un-texte-funeste-pour-l-environnement
(3) Courrier aux députés du bloc central
(4) https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051871973