Le but de ce rapport Pestiriv était d’évaluer l’exposition des riverains des vignobles pendant et hors traitement avec les pesticides. Les mesures portaient :
sur l’air : extérieur (ambiant) et intérieur plus les poussières à l’intérieur des habitations
sur des biomarqueurs : imprégnation des urines et des cheveux, des adultes comme des enfants
sur les fruits et légumes autoproduits sur le balcon ou dans le jardin, récoltés à maturité et attenant de foyers sis en zones viticoles du 1er juin au 6 septembre 2022. Ce dernier volet ne fait pas l’objet de ces notes. Toutefois, il est à souligner que le vin produit dans les zones viticoles n’a jamais subi une analyse, pourtant les riverains et d’autres, en consomment.
Matériels et méthodes
La campagne de prélèvements débute en octobre 2021 et s’achève en août 2022.
Les types de capteurs et les substances recherchées
Les capteurs passifs sont des plaques absorbantes posées pour une durée de plusieurs mois à l’abri des pluies. Les plus couramment utilisés sont les PolyUréthane Foam (PUF) pour retenir les substances volatiles et semi-volatiles et les PolyEster Filter (PEF) pour capter le glyphosate et son principal métabolite, l’AMPA.
Dans cette étude, la poussière des habitations s’apparente à un capteur passif.
Les capteurs actifs fonctionnent sur le principe de pompage d’un volume d’air de l’ordre du m3/h, passant à travers des PUF et des PEF. Généralement le changement de filtre est fait après 7 jours de fonctionnement permanent.
Le nombre de substances recherchées est faible pour une étude de cette ambition, alors que les capteurs piègent beaucoup d’autres molécules.
Recueil des échantillons
Les trois types de prélèvement (tome 0 p 45) :
« – substances organiques semi-volatiles30 (P1) aucune explication pour ce chiffre 30
– substances minérales (cuivre et soufre) (P3) ;
– substances organiques polaires (glyphosate et fosétyl-aluminium) (P4) ».
Les 9 sites en zones viticoles et uniquement en période de traitement n’ont qu’une valeur indicative puisqu’il manque les deux modalités comparatives associées (non viticole et hors traitement) donc impossible de les assimiler aux autres zones. La raison du choix de ces 9 zones n’est pas évident.
Les positions géographiques des 7 sites avec trois modalités sont (tome 1 p 24-25) :
Zones viticoles (« ZV ») Zones non viticoles (témoins ou « ZNV »)
68 Ribeauvillé 67 Rothau
33 Pauillac 33 Audenge
33 Avensan 33 Le Verdon sur mer
21 Chenôve 08 Les Hautes Rivières
51 Le Mesnil sur Oger 25 Besançon
83 La Croix-Valmer 13 Port Saint Louis du Rhône (raffineries à 10 km)
11 Armissan 66 Le Perthus
Les sites-témoin (ZNV) se révèlent trop éloignés géographiquement des zones viticoles étudiées, souvent de plus de 50km (Rothau 50km, Audenge 60 km, Le Verdon 70km, Besançon 270km, etc.), alors que des sites plus proches étaient éligibles.
En effet, les conditions météorologiques (vent, précipitations qui « lavent » l’atmosphère) sont trop différentes entre les zones viticoles et non viticoles.
Ces ZNV informent donc sur la pollution dans l’Hexagone mais ne sont pas des témoins pour les zones viticoles de l’étude. Les conclusions partielles et générales de Pestiriv doivent être modulées en fonction de cette remarque.
La stratégie d’échantillonnage
Sur le principe, les trois variables principales sont : zone viticole ou non, pendant ou hors traitement des vignes, type de prélèvement (air extérieur dit « ambiant », air intérieur, poussières) soit en tout 6 associations de variables. Dans Pestiriv, il n’y en a que cinq du fait de l’absence de l’association « zone non viticole hors traitement des vignes ». C’est regrettable d’une part parce des comparaisons statistiques deux à deux sont amputées et d’autre part parce qu’elle ne permet pas de connaître le « bruit de fond » non imputable aux traitements viticoles, dans l’atmosphère et à l’intérieur des habitations, sans oublier que les ZNV ne sont pas des témoins spécifiques d’une étude sur les riverains des vignes.
Le recueil des échantillons
Les conditions de recueil et de transport des échantillons sont conformes aux bonnes pratiques.
Analyse des échantillons
Le nombre de substances actives recherchées dans les atmosphères et les poussières, est très faible et variable entre 39 et 48, sans réelle justification épidémiologique (voir tableau 1), alors que le panel des pesticides utilisés en viticulture est beaucoup plus large, environ 80 substances actives.
Dans les urines et les cheveux, les molécules recherchées sont des molécule-mères et/ou des métabolites. Chez les enfants, recherche de 11 molécules dans les urines et de 18 dans les cheveux. Pour information, la recherche porte sur 54 à 58 pesticides dans les aliments auto-produits. Il faut souligner que la principale production des zones est le vin, qui n’apparaît à aucun moment dans Pestiriv, alors qu’un état des lieux de 2015 (Laboratoire Dubernet) montrait la présence de nombreux pesticides dans les vins. Résultats confirmés par les analyses de vins du mensuel « Que choisir » de 2018 !
Analyses statistiques
Du fait du manque de la modalité « zone non viticole hors traitement des vignes », le plan d’échantillonnage exclut des tests statistiques robustes visant à comparer les principales variables, d’autant plus que le nombre de mesures par modalité est variable, sans oublier que les ZNV ne sont pas des témoins appropriés au problème de la contamination des riverains du fait de leur trop grand éloignement des zones viticoles. La distance maximale entre ZV et ZNV devrait être de l’ordre du km et non de dizaines de kms.
L’utilisation de modèles construits hors des tests statistiques de base sont souvent descriptifs et peuvent conduire à des fausses interprétations.
Résultats
Les mesures d’airs extérieur et intérieur ainsi que des poussières sont résumées en tableau 1. Les résultats site par site n’ont pas été communiqués.
Tous les pesticides d’usage viticole ne sont pas recherchés.
Le glyphosate n’a pas été recherché dans l’air intérieur alors qu’il l’a été dans l’air extérieur et les poussières.
La recherche de la béta-cyfluthrine interdite depuis 2020, dans l’air extérieur n’a pas été effectuée alors qu’elle est présente dans l’air intérieur des habitations hors traitement et en permanence dans les poussières.
Les molécules identifiées et quantifiées dans les urines et les cheveux des enfants sont présentées en tableau 2. Elles sont en faible nombre soit 17 sans compter certains de leurs métabolites. Il est illogique et incompréhensible que les molécules recherchées dans les urines ne le soient pas aussi dans les cheveux et vice versa. Les urines sont des témoins d’exposition récente et les cheveux d’exposition ancienne. Ainsi une substance active n’ayant plus d’autorisation en 2021 peut se retrouver encore dans les cheveux.
Mis à part ces incohérences de protocole, les fréquences de détection urinaire sont les mêmes dans les zones viticoles pendant et hors traitement.
Au contraire, dans les cheveux des enfants, trois fongicides (amétotracdine, dimétomorphe, trifloxystrobine) présentent des différences statistiques pendant versus hors traitement, tant dans la fréquence de détection que dans la concentration (voir tome 2, p 93).
Une remarque importante soulignant les limites de l’étude : ces trois fongicides, soupçonnés d’être reprotoxiques n’ont pas été recherchés dans les urines alors que la trifloxystrobine est présente dans l’air ambiant des ZV en période de traitement. Quant à l’amétotracdine et au dimétomorphe, ils n’ont pas été recherchés ni dans l’air extérieur des ZV ni dans celui des ZNV.
Notons encore que le dimétomorphe est un perturbateur endocrinien et que la trifl (u) oxystrobine figure dans la liste des PFAS.
Discussion
1 – Quelle est la valeur d’une quantification dans les résultats analytiques ?
La mesure de la teneur atmosphérique d’un pesticide particulier dépend, entre autres, de l’intervalle de temps entre épandage et recueil de l’échantillon, de la distance entre l’emplacement du capteur et le lieu de l’épandage et des conditions atmosphériques précédant et pendant l’échantillonnage (pluie, température, vent) selon Khoury et al (2025).
Donc la mesure de la concentration d’un pesticide dans l’atmosphère ou dans les poussières indique qu’un épandage a bien été fait mais ni où ni quand. C’est pourquoi les résultats présentés ne sont la preuve que de la présence/absence d’un pesticide.
2 – Les colonnes du tableau 1
Comme remarqué précédemment, les colonnes « ZNV » ne sont pas des témoins reliés aux pratiques viticoles.
D’un point de vue général, on détecte plus de pesticides dans les airs ambiants et intérieur pendant les périodes de traitement en zone viticole que sans traitement : 76% versus 23% pour l’air ambiant et 53% versus 25 % pour l’air intérieur.
A propos des poussières, sur les 30 pesticides détectés dans l’air des zones viticoles pendant les traitements on en retrouve 25 dans les habitations, pendant et hors traitement, ce qui est à souligner lorsqu’on s’interroge sur la contamination des riverains. De plus, sur les 46 pesticides utilisés en traitement viticole et recherchés dans les poussières en période de traitement des ZV, 43 sont présents dans les poussières des ZNV. Un phénomène de transport à longue distance déjà décrit depuis longtemps dans la littérature scientifique pourrait en être l’explication.
3 – Intérêt des zones non viticoles
Les zones non viticoles de Pestiriv sont intéressantes dans le sens où elles témoignent de la pollution à plusieurs dizaines de km des vignobles, toutefois sans distinguer la part due à ceux-ci de celle due autres cultures. Une indication est donnée par la comparaison entre l’air des zones viticoles pendant traitement et les poussières des zones non viticoles. Sur les 37 substances actives recherchées dans les deux modalités, 27 sont présentes dans l’une et dans l’autre. Si tout ou partie de la pollution constatée dans les poussières des ZNV vient des vignobles alors il serait incorrect de laisser supposer que la pollution soit moindre ou tolérable à 1000m des vignobles.
Pour réduire cette incertitude sur l’origine des contaminations, l’emplacement raisonné des sites (traités et témoins) est plus important que leur nombre.
4 – Les marqueurs de pollution dans les urines et les cheveux
La notion de « marqueur » masque le nombre insuffisant de pesticides qui auraient dû être recherchés. Dans le tableau 2, il est clair que l’urine est plus révélatrice que les cheveux même si le nombre de substances actives recherchées est très faible et si les listes de substances actives recherchées sont différentes.
5 – Comparaison des résultats de Pestiriv avec quelques autres études sur l’atmosphère
A propos de l’air et des poussières, nombre d’articles scientifiques traitent de ce sujet. Le tableau 3 est un aperçu de leur diversité méthodologique en France et pour une même période. Les deux études alsaciennes sont complémentaires car provenant de la même équipe et situées dans un rayon de 15 km autour de Strasbourg. Comme les résultats de Pestiriv ne sont pas publiés zone par zone, Il est impossible de les comparer statistiquement à des résultats d’articles scientifiques concernant cette même zone, pour exemple l’Alsace.
Néanmoins des observations comparatives moins précises présentent un intérêt (voir tableau 4). Il confirme notamment que le pourcentage de détection dans l’air extérieur est plus faible relativement à celui des poussières.
Si on regarde la valeur épidémiologique des études, le nombre et la catégorie des substances recherchées est le critère de base. Dans ce sens, la campagne de mesures d’Atmo-Occitanie 2023-2024 est la plus performante car elle vise les pesticides mais aussi des perturbateurs endocriniens (PE) et des polluants éternels (PFAS). Malheureusement la liste de ces deux dernières catégories n’a pas été publiée.
6 – Imprégnations des enfants (voir tableau 3)
Le choix des enfants est plus important éthiquement et plus significatif que celui des adultes dans le sens où ils se déplacent moins et n’ont pas d’exposition professionnelle.
La sélection du panel de pesticides et de métabolites, qualifiés de « marqueurs » est très restreinte soit 21 molécules, substances actives ou métabolites. Les métabolites recherchés sont : pour le folpel, phtalimide et acide phtalique ; pour les pyrèthrinoïdes le 3 PBA, le cis-DCCA, le trans-DCCA ainsi que le 4F-3PBA pour les fluorés ; pour le mancozèbe, l’éthylènethiourée (ETU) ; pour le glyphosate, l’AMPA ; pour le tébuconazole, le TEB-OH. La liste diffère selon le prélèvement (urine ou cheveux, voir tableau 3), ce qui affaiblit toute comparaison ou déduction.
a – urine des enfants
Tome 2 p 39
« Comme pour les adultes, parmi les 13 biomarqueurs recherchés dans les urines, 9 sont quantifiés (concentrations mesurées supérieures à la limite de quantification) dans la quasi-totalité des échantillons d’urines analysés. Seuls, le glyphosate, le tébuconazole et le 4F-3PBA sont quantifiés dans moins de 40 % des échantillons analysés et ne sont pas considérés dans la suite des analyses (voir Tome 0 de PestiRiv). Les pourcentages de quantification observés sont similaires entre les zones viticoles et non viticoles et les périodes de traitement et hors traitement des vignes ».
NB : Quelques erreurs notoires : le métabolite du glyphosate, l’AMPA est quantifié dans 46% des échantillons et le métabolite du tébuconazole TB-OH dans 89% des échantillons.
Tome 2 p 84
« Les niveaux d’imprégnation des enfants par le TEB-OH augmentent de 51 % en
période de traitement des vignes. Cette augmentation n’est pas influencée par la
distance entre le logement et les vignes.
Les niveaux d’imprégnation des enfants par le folpel augmentent de 63 % en période
de traitement des vignes. Cette augmentation ne semble pas être influencée par la
distance entre le logement et les vignes ».
Aucune tendance significative à l’augmentation ou à la baisse des niveaux d’imprégnation par l’ETU et l’AMPA n’est observée entre la période hors traitement et la période de traitement ».
b – cheveux des enfants
Concernant la fréquence de détection, le tableau 37 présente le nombre de « biomarqueurs » de Pestiriv, mais sans spécification de molécules. Sans avoir recours à des tests statistiques, il est évident que dans les zones viticoles, le pourcentage d’enfants contaminés par 2 biomarqueurs et plus, est supérieur lors des épandages, 60% versus 40,4%. Contrairement à ce qui est exposé, il semblerait qu’il en soit de même pour les adultes mais toute vérification est impossible sans les données de base.
Quelques points à souligner sur les quantifications dans les cheveux (voir p 92-93 tome 2)
« Le trifloxystrobine est plus fréquemment quantifié dans les échantillons de cheveux collectés chez les adultes de zones viticoles en période de traitement (5,4 % vs 0,9 %).
Cette différence est significative et concerne également les enfants (5,3 % vs 0 %).
L’amétoctradine et le dimétomorphe sont également plus fréquemment quantifiés dans les cheveux des participants de zones viticoles en période de traitement, en comparaison avec les échantillons reflétant la période hors traitement (adultes et enfants). Cette différence ne concerne toutefois pas le trifloxystrobine pour lequel les fréquences de quantification ne sont pas significativement différentes entre les périodes de traitement et hors traitement des vignes».
À l’inverse, les métabolites de pyréthrinoïdes (cis-DCCA et trans-DCCA) sont plus
fréquemment quantifiés dans les cheveux des adultes de zones non viticoles (respectivement
5,5 % et 11,1 %), en comparaison avec les adultes de zones viticoles (respectivement 1,3 %
et 4,7 %). Toutefois, cette différence ne se retrouve pas dans la comparaison des enfants de
zones viticoles et non viticoles ; le trans-DCCA étant plus fréquemment quantifié dans les
cheveux des enfants en zones viticoles qu’en zones non viticoles (7,7 % vs 4,1 %).
Cette constatation ne prend pas en compte l’usage domestique (anti-puces, anti-moustiques, etc) pourtant très fréquent.
Un autre résultat : « En comparaison avec les enfants ayant 33 ha de vignes à moins de 1000 mètres de leur logement, les niveaux d’imprégnation par l’amétoctradine sont 4 fois plus élevés chez les enfants ayant 199 ha de vignes à moins de 1 000 mètres de leur domicile ». En résumé, il y a imprégnation à 1000m de l’habitation et l’intensité de celle-ci dépend plus de la surface de vignes que de la distance. Ce résultat n’est pas contradictoire avec sa détection dans les poussières des habitations dans les zones non viticoles à plusieurs dizaines de km des vignobles (voir tableau 1). Ce qui est vrai pour l’amétotracdine, l’est certainement pour d’autres pesticides, mais ce n’est pas spécifié dans le rapport Pestiriv.
D’une façon plus générale, il est connu que la Surface Agricole Utile influence l’incidence des leucémies en zone viticole !
Conclusion
Quel est le supplément de connaissances apporté par Pestiriv ? Comme le nombre de molécules recherchées est en lien direct avec l’intérêt d’une recherche épidémiologique, cette étude est très limitée. Elle est très difficile à lire car elle n’est pas ordonnée comme l’exigerait un article scientifique. La synthèse des résultats importants, en rapport avec le but de l’étude, est trop souvent noyée dans du langage de statisticien, ce qui incite le lecteur à abandonner son esprit critique.
Par rapport aux résultats antérieurs, publiés en article scientifique, Pestiriv n’apporte rien de nouveau car on savait que les airs extérieur et intérieur sont pollués pendant et hors des traitements et sur des longues distances. Cette étude confirme aussi des résultats antérieurs sur l’importance des poussières comme révélatrice de la pollution à l’intérieur des habitations et par voie de conséquence de l’imprégnation des riverains, voire même de populations vivant à des dizaines de kilomètres en zone non-urbaine ou urbaine.
Recommandations pour le futur
Si on veut progresser en matière de conséquences sur la santé et non pas se contenter d’une niéme étude descriptive, l’enchaînement doit guider le choix d’un protocole scientifique explicatif : mesure de l’air extérieur pendant lors d’une journée d’épandage et les jours suivants ; mesure de la contamination de l’air intérieur et des poussières ; mesure des marqueurs biologiques d’imprégnations et d’intoxications,
Choisir un large panel de pesticides et d’autres substances toxiques
Choisir des témoins représentatifs c’est-à-dire prélevées sur les mêmes cultures mais non-traitées. Cette étude montre qu’il aurait été plus facile de sélectionner d’abord trois larges zones de viticulture biologique, par exemple, et ensuite des zones proches en viticulture conventionnelle, plutôt que l’inverse
Analyser la récolte de la culture étudiée. Par exemple le vin quand il s’agit de pollution d’origine viticole
Inclure des prélèvements de poussières
Explorer un maximum de marqueurs de détoxication et de pathologies chroniques
Publier l’étude selon les critères d’un article scientifique à comité de lecture et sans financement privé.
Illustrations
Tableau 1 : synthèse des pesticides retrouvés dans les prélèvements « Pestiriv » de 2022-2023.
Dubernet M et al (2015) Résidus phytosanitaires dans les vins : un état des lieux. Publication du laboratoire Dubernet, 11 Montredon des Corbières, 11 pages. non cité dans Pestiriv
Khoury D, Shimjarn S, Delhomme O, Millet M (2025) Seasonal and spatial detection of pesticide residues in the ambient air of the Alsace region across different land use conditions Environment International 202 10967
Kruse‑Plaß M et al (2021) Pesticides and pesticide‑related products in ambient air in Germany Environ Sci Eur (2021) 33:114 https://doi.org/10.1186/s12302-021-00553-4 non cité dans Pestiriv
La lettre de l’Air n° 32 – octobre 2025. Atmo-Occitanie. Pesticides, perturbateurs endocriniens et PFAS (polluants éternels) dans l’air : les résultats d’une première étude inédite en France.
Martin S et al (2022) Passive sampling as a tool to assess atmospheric pesticide contamination related to vineyard land use Atmosphere 2022, 13, 504. https://doi.org/10.3390/atmos13040504 non cité dans Pestiriv
« Que choisir ? » (Janvier 2018) Pesticides dans les Bordeaux. Nos analyses de 40 vins N° 65, p 45 non cité dans Pestiriv
Rodrigues A, Delhomme O, Millet M (2025) Assessing environmental exposure to phyto-pharmaceutical products in a wine-growing area of Alsace, France : combined indoor and outdoor air and dust sampling Atmospheric Poll Res 16 102362
/attention cet article n’est pas encore finalisé
Introduction
Le but de ce rapport Pestiriv était d’évaluer l’exposition des riverains des vignobles pendant et hors traitement avec les pesticides. Les mesures portaient :
sur l’air : extérieur (ambiant) et intérieur plus les poussières à l’intérieur des habitations
sur des biomarqueurs : imprégnation des urines et des cheveux, des adultes comme des enfants
sur les fruits et légumes autoproduits sur le balcon ou dans le jardin, récoltés à maturité et attenant de foyers sis en zones viticoles du 1er juin au 6 septembre 2022. Ce dernier volet ne fait pas l’objet de ces notes.
Toutefois, il est à souligner que le vin produit dans les zones viticoles n’a jamais subi une analyse, pourtant les riverains et d’autres, en consomment.
Matériels et méthodes
La campagne de prélèvements débute en octobre 2021 et s’achève en août 2022.
Les capteurs passifs sont des plaques absorbantes posées pour une durée de plusieurs mois à l’abri des pluies. Les plus couramment utilisés sont les PolyUréthane Foam (PUF) pour retenir les substances volatiles et semi-volatiles et les PolyEster Filter (PEF) pour capter le glyphosate et son principal métabolite, l’AMPA.
Dans cette étude, la poussière des habitations s’apparente à un capteur passif.
Les capteurs actifs fonctionnent sur le principe de pompage d’un volume d’air de l’ordre du m3/h, passant à travers des PUF et des PEF. Généralement le changement de filtre est fait après 7 jours de fonctionnement permanent.
Le nombre de substances recherchées est faible pour une étude de cette ambition, alors que les capteurs piègent beaucoup d’autres molécules.
Les trois types de prélèvement (tome 0 p 45) :
« – substances organiques semi-volatiles30 (P1) aucune explication pour ce chiffre 30
– substances minérales (cuivre et soufre) (P3) ;
– substances organiques polaires (glyphosate et fosétyl-aluminium) (P4) ».
Les 9 sites en zones viticoles et uniquement en période de traitement n’ont qu’une valeur indicative puisqu’il manque les deux modalités comparatives associées (non viticole et hors traitement) donc impossible de les assimiler aux autres zones. La raison du choix de ces 9 zones n’est pas évident.
Les positions géographiques des 7 sites avec trois modalités sont (tome 1 p 24-25) :
Zones viticoles (« ZV ») Zones non viticoles (témoins ou « ZNV »)
68 Ribeauvillé 67 Rothau
33 Pauillac 33 Audenge
33 Avensan 33 Le Verdon sur mer
21 Chenôve 08 Les Hautes Rivières
51 Le Mesnil sur Oger 25 Besançon
83 La Croix-Valmer 13 Port Saint Louis du Rhône (raffineries à 10 km)
11 Armissan 66 Le Perthus
Les sites-témoin (ZNV) se révèlent trop éloignés géographiquement des zones viticoles étudiées, souvent de plus de 50km (Rothau 50km, Audenge 60 km, Le Verdon 70km, Besançon 270km, etc.), alors que des sites plus proches étaient éligibles.
En effet, les conditions météorologiques (vent, précipitations qui « lavent » l’atmosphère) sont trop différentes entre les zones viticoles et non viticoles.
Ces ZNV informent donc sur la pollution dans l’Hexagone mais ne sont pas des témoins pour les zones viticoles de l’étude. Les conclusions partielles et générales de Pestiriv doivent être modulées en fonction de cette remarque.
La stratégie d’échantillonnage
Sur le principe, les trois variables principales sont : zone viticole ou non, pendant ou hors traitement des vignes, type de prélèvement (air extérieur dit « ambiant », air intérieur, poussières) soit en tout 6 associations de variables. Dans Pestiriv, il n’y en a que cinq du fait de l’absence de l’association « zone non viticole hors traitement des vignes ». C’est regrettable d’une part parce des comparaisons statistiques deux à deux sont amputées et d’autre part parce qu’elle ne permet pas de connaître le « bruit de fond » non imputable aux traitements viticoles, dans l’atmosphère et à l’intérieur des habitations, sans oublier que les ZNV ne sont pas des témoins spécifiques d’une étude sur les riverains des vignes.
Le recueil des échantillons
Les conditions de recueil et de transport des échantillons sont conformes aux bonnes pratiques.
Analyse des échantillons
Le nombre de substances actives recherchées dans les atmosphères et les poussières, est très faible et variable entre 39 et 48, sans réelle justification épidémiologique (voir tableau 1), alors que le panel des pesticides utilisés en viticulture est beaucoup plus large, environ 80 substances actives.
Dans les urines et les cheveux, les molécules recherchées sont des molécule-mères et/ou des métabolites. Chez les enfants, recherche de 11 molécules dans les urines et de 18 dans les cheveux. Pour information, la recherche porte sur 54 à 58 pesticides dans les aliments auto-produits. Il faut souligner que la principale production des zones est le vin, qui n’apparaît à aucun moment dans Pestiriv, alors qu’un état des lieux de 2015 (Laboratoire Dubernet) montrait la présence de nombreux pesticides dans les vins. Résultats confirmés par les analyses de vins du mensuel « Que choisir » de 2018 !
Analyses statistiques
Du fait du manque de la modalité « zone non viticole hors traitement des vignes », le plan d’échantillonnage exclut des tests statistiques robustes visant à comparer les principales variables, d’autant plus que le nombre de mesures par modalité est variable, sans oublier que les ZNV ne sont pas des témoins appropriés au problème de la contamination des riverains du fait de leur trop grand éloignement des zones viticoles. La distance maximale entre ZV et ZNV devrait être de l’ordre du km et non de dizaines de kms.
L’utilisation de modèles construits hors des tests statistiques de base sont souvent descriptifs et peuvent conduire à des fausses interprétations.
Résultats
Les mesures d’airs extérieur et intérieur ainsi que des poussières sont résumées en tableau 1. Les résultats site par site n’ont pas été communiqués.
Tous les pesticides d’usage viticole ne sont pas recherchés.
Le glyphosate n’a pas été recherché dans l’air intérieur alors qu’il l’a été dans l’air extérieur et les poussières.
La recherche de la béta-cyfluthrine interdite depuis 2020, dans l’air extérieur n’a pas été effectuée alors qu’elle est présente dans l’air intérieur des habitations hors traitement et en permanence dans les poussières.
Les molécules identifiées et quantifiées dans les urines et les cheveux des enfants sont présentées en tableau 2. Elles sont en faible nombre soit 17 sans compter certains de leurs métabolites. Il est illogique et incompréhensible que les molécules recherchées dans les urines ne le soient pas aussi dans les cheveux et vice versa. Les urines sont des témoins d’exposition récente et les cheveux d’exposition ancienne. Ainsi une substance active n’ayant plus d’autorisation en 2021 peut se retrouver encore dans les cheveux.
Mis à part ces incohérences de protocole, les fréquences de détection urinaire sont les mêmes dans les zones viticoles pendant et hors traitement.
Au contraire, dans les cheveux des enfants, trois fongicides (amétotracdine, dimétomorphe, trifloxystrobine) présentent des différences statistiques pendant versus hors traitement, tant dans la fréquence de détection que dans la concentration (voir tome 2, p 93).
Une remarque importante soulignant les limites de l’étude : ces trois fongicides, soupçonnés d’être reprotoxiques n’ont pas été recherchés dans les urines alors que la trifloxystrobine est présente dans l’air ambiant des ZV en période de traitement. Quant à l’amétotracdine et au dimétomorphe, ils n’ont pas été recherchés ni dans l’air extérieur des ZV ni dans celui des ZNV.
Notons encore que le dimétomorphe est un perturbateur endocrinien et que la trifl (u) oxystrobine figure dans la liste des PFAS.
Discussion
1 – Quelle est la valeur d’une quantification dans les résultats analytiques ?
La mesure de la teneur atmosphérique d’un pesticide particulier dépend, entre autres, de l’intervalle de temps entre épandage et recueil de l’échantillon, de la distance entre l’emplacement du capteur et le lieu de l’épandage et des conditions atmosphériques précédant et pendant l’échantillonnage (pluie, température, vent) selon Khoury et al (2025).
Donc la mesure de la concentration d’un pesticide dans l’atmosphère ou dans les poussières indique qu’un épandage a bien été fait mais ni où ni quand. C’est pourquoi les résultats présentés ne sont la preuve que de la présence/absence d’un pesticide.
2 – Les colonnes du tableau 1
Comme remarqué précédemment, les colonnes « ZNV » ne sont pas des témoins reliés aux pratiques viticoles.
D’un point de vue général, on détecte plus de pesticides dans les airs ambiants et intérieur pendant les périodes de traitement en zone viticole que sans traitement : 76% versus 23% pour l’air ambiant et 53% versus 25 % pour l’air intérieur.
A propos des poussières, sur les 30 pesticides détectés dans l’air des zones viticoles pendant les traitements on en retrouve 25 dans les habitations, pendant et hors traitement, ce qui est à souligner lorsqu’on s’interroge sur la contamination des riverains. De plus, sur les 46 pesticides utilisés en traitement viticole et recherchés dans les poussières en période de traitement des ZV, 43 sont présents dans les poussières des ZNV. Un phénomène de transport à longue distance déjà décrit depuis longtemps dans la littérature scientifique pourrait en être l’explication.
3 – Intérêt des zones non viticoles
Les zones non viticoles de Pestiriv sont intéressantes dans le sens où elles témoignent de la pollution à plusieurs dizaines de km des vignobles, toutefois sans distinguer la part due à ceux-ci de celle due autres cultures. Une indication est donnée par la comparaison entre l’air des zones viticoles pendant traitement et les poussières des zones non viticoles. Sur les 37 substances actives recherchées dans les deux modalités, 27 sont présentes dans l’une et dans l’autre. Si tout ou partie de la pollution constatée dans les poussières des ZNV vient des vignobles alors il serait incorrect de laisser supposer que la pollution soit moindre ou tolérable à 1000m des vignobles.
Pour réduire cette incertitude sur l’origine des contaminations, l’emplacement raisonné des sites (traités et témoins) est plus important que leur nombre.
4 – Les marqueurs de pollution dans les urines et les cheveux
La notion de « marqueur » masque le nombre insuffisant de pesticides qui auraient dû être recherchés. Dans le tableau 2, il est clair que l’urine est plus révélatrice que les cheveux même si le nombre de substances actives recherchées est très faible et si les listes de substances actives recherchées sont différentes.
5 – Comparaison des résultats de Pestiriv avec quelques autres études sur l’atmosphère
A propos de l’air et des poussières, nombre d’articles scientifiques traitent de ce sujet. Le tableau 3 est un aperçu de leur diversité méthodologique en France et pour une même période. Les deux études alsaciennes sont complémentaires car provenant de la même équipe et situées dans un rayon de 15 km autour de Strasbourg. Comme les résultats de Pestiriv ne sont pas publiés zone par zone, Il est impossible de les comparer statistiquement à des résultats d’articles scientifiques concernant cette même zone, pour exemple l’Alsace.
Néanmoins des observations comparatives moins précises présentent un intérêt (voir tableau 4). Il confirme notamment que le pourcentage de détection dans l’air extérieur est plus faible relativement à celui des poussières.
Si on regarde la valeur épidémiologique des études, le nombre et la catégorie des substances recherchées est le critère de base. Dans ce sens, la campagne de mesures d’Atmo-Occitanie 2023-2024 est la plus performante car elle vise les pesticides mais aussi des perturbateurs endocriniens (PE) et des polluants éternels (PFAS). Malheureusement la liste de ces deux dernières catégories n’a pas été publiée.
6 – Imprégnations des enfants (voir tableau 3)
Le choix des enfants est plus important éthiquement et plus significatif que celui des adultes dans le sens où ils se déplacent moins et n’ont pas d’exposition professionnelle.
La sélection du panel de pesticides et de métabolites, qualifiés de « marqueurs » est très restreinte soit 21 molécules, substances actives ou métabolites. Les métabolites recherchés sont : pour le folpel, phtalimide et acide phtalique ; pour les pyrèthrinoïdes le 3 PBA, le cis-DCCA, le trans-DCCA ainsi que le 4F-3PBA pour les fluorés ; pour le mancozèbe, l’éthylènethiourée (ETU) ; pour le glyphosate, l’AMPA ; pour le tébuconazole, le TEB-OH. La liste diffère selon le prélèvement (urine ou cheveux, voir tableau 3), ce qui affaiblit toute comparaison ou déduction.
a – urine des enfants
Tome 2 p 39
« Comme pour les adultes, parmi les 13 biomarqueurs recherchés dans les urines, 9 sont quantifiés (concentrations mesurées supérieures à la limite de quantification) dans la quasi-totalité des échantillons d’urines analysés. Seuls, le glyphosate, le tébuconazole et le 4F-3PBA sont quantifiés dans moins de 40 % des échantillons analysés et ne sont pas considérés dans la suite des analyses (voir Tome 0 de PestiRiv). Les pourcentages de quantification observés sont similaires entre les zones viticoles et non viticoles et les périodes de traitement et hors traitement des vignes ».
NB : Quelques erreurs notoires : le métabolite du glyphosate, l’AMPA est quantifié dans 46% des échantillons et le métabolite du tébuconazole TB-OH dans 89% des échantillons.
Tome 2 p 84
« Les niveaux d’imprégnation des enfants par le TEB-OH augmentent de 51 % en
période de traitement des vignes. Cette augmentation n’est pas influencée par la
distance entre le logement et les vignes.
Les niveaux d’imprégnation des enfants par le folpel augmentent de 63 % en période
de traitement des vignes. Cette augmentation ne semble pas être influencée par la
distance entre le logement et les vignes ».
Aucune tendance significative à l’augmentation ou à la baisse des niveaux d’imprégnation par l’ETU et l’AMPA n’est observée entre la période hors traitement et la période de traitement ».
b – cheveux des enfants
Concernant la fréquence de détection, le tableau 37 présente le nombre de « biomarqueurs » de Pestiriv, mais sans spécification de molécules. Sans avoir recours à des tests statistiques, il est évident que dans les zones viticoles, le pourcentage d’enfants contaminés par 2 biomarqueurs et plus, est supérieur lors des épandages, 60% versus 40,4%. Contrairement à ce qui est exposé, il semblerait qu’il en soit de même pour les adultes mais toute vérification est impossible sans les données de base.
Quelques points à souligner sur les quantifications dans les cheveux (voir p 92-93 tome 2)
« Le trifloxystrobine est plus fréquemment quantifié dans les échantillons de cheveux collectés chez les adultes de zones viticoles en période de traitement (5,4 % vs 0,9 %).
Cette différence est significative et concerne également les enfants (5,3 % vs 0 %).
L’amétoctradine et le dimétomorphe sont également plus fréquemment quantifiés dans les cheveux des participants de zones viticoles en période de traitement, en comparaison avec les échantillons reflétant la période hors traitement (adultes et enfants). Cette différence ne concerne toutefois pas le trifloxystrobine pour lequel les fréquences de quantification ne sont pas significativement différentes entre les périodes de traitement et hors traitement des vignes».
À l’inverse, les métabolites de pyréthrinoïdes (cis-DCCA et trans-DCCA) sont plus
fréquemment quantifiés dans les cheveux des adultes de zones non viticoles (respectivement
5,5 % et 11,1 %), en comparaison avec les adultes de zones viticoles (respectivement 1,3 %
et 4,7 %). Toutefois, cette différence ne se retrouve pas dans la comparaison des enfants de
zones viticoles et non viticoles ; le trans-DCCA étant plus fréquemment quantifié dans les
cheveux des enfants en zones viticoles qu’en zones non viticoles (7,7 % vs 4,1 %).
Cette constatation ne prend pas en compte l’usage domestique (anti-puces, anti-moustiques, etc) pourtant très fréquent.
Un autre résultat : « En comparaison avec les enfants ayant 33 ha de vignes à moins de 1000 mètres de leur logement, les niveaux d’imprégnation par l’amétoctradine sont 4 fois plus élevés chez les enfants ayant 199 ha de vignes à moins de 1 000 mètres de leur domicile ». En résumé, il y a imprégnation à 1000m de l’habitation et l’intensité de celle-ci dépend plus de la surface de vignes que de la distance. Ce résultat n’est pas contradictoire avec sa détection dans les poussières des habitations dans les zones non viticoles à plusieurs dizaines de km des vignobles (voir tableau 1). Ce qui est vrai pour l’amétotracdine, l’est certainement pour d’autres pesticides, mais ce n’est pas spécifié dans le rapport Pestiriv.
D’une façon plus générale, il est connu que la Surface Agricole Utile influence l’incidence des leucémies en zone viticole !
Conclusion
Quel est le supplément de connaissances apporté par Pestiriv ?
Comme le nombre de molécules recherchées est en lien direct avec l’intérêt d’une recherche épidémiologique, cette étude est très limitée. Elle est très difficile à lire car elle n’est pas ordonnée comme l’exigerait un article scientifique. La synthèse des résultats importants, en rapport avec le but de l’étude, est trop souvent noyée dans du langage de statisticien, ce qui incite le lecteur à abandonner son esprit critique.
Par rapport aux résultats antérieurs, publiés en article scientifique, Pestiriv n’apporte rien de nouveau car on savait que les airs extérieur et intérieur sont pollués pendant et hors des traitements et sur des longues distances. Cette étude confirme aussi des résultats antérieurs sur l’importance des poussières comme révélatrice de la pollution à l’intérieur des habitations et par voie de conséquence de l’imprégnation des riverains, voire même de populations vivant à des dizaines de kilomètres en zone non-urbaine ou urbaine.
Recommandations pour le futur
Si on veut progresser en matière de conséquences sur la santé et non pas se contenter d’une niéme étude descriptive, l’enchaînement doit guider le choix d’un protocole scientifique explicatif : mesure de l’air extérieur pendant lors d’une journée d’épandage et les jours suivants ; mesure de la contamination de l’air intérieur et des poussières ; mesure des marqueurs biologiques d’imprégnations et d’intoxications,
Illustrations
Tableau 1 : synthèse des pesticides retrouvés dans les prélèvements « Pestiriv » de 2022-2023.
Tableau 2 : fréquences de détection et de quantification dans les urines et les cheveux des enfants.
Tableau 3 : résumés de quelques autres études incluant des zones viticoles.
Tableau 4 : résultats concernant des études centrées sur les vignobles.
Articles cités
Dubernet M et al (2015) Résidus phytosanitaires dans les vins : un état des lieux. Publication du laboratoire Dubernet, 11 Montredon des Corbières, 11 pages. non cité dans Pestiriv
Khoury D, Shimjarn S, Delhomme O, Millet M (2025) Seasonal and spatial detection of pesticide residues in the ambient air of the Alsace region across different land use conditions Environment International 202 10967
Kruse‑Plaß M et al (2021) Pesticides and pesticide‑related products in ambient air in Germany Environ Sci Eur (2021) 33:114 https://doi.org/10.1186/s12302-021-00553-4 non cité dans Pestiriv
La lettre de l’Air n° 32 – octobre 2025. Atmo-Occitanie. Pesticides, perturbateurs endocriniens et PFAS (polluants éternels) dans l’air : les résultats d’une première étude inédite en France.
Martin S et al (2022) Passive sampling as a tool to assess atmospheric pesticide contamination related to vineyard land use Atmosphere 2022, 13, 504. https://doi.org/10.3390/atmos13040504 non cité dans Pestiriv
« Que choisir ? » (Janvier 2018) Pesticides dans les Bordeaux. Nos analyses de 40 vins N° 65, p 45 non cité dans Pestiriv
Rodrigues A, Delhomme O, Millet M (2025) Assessing environmental exposure to phyto-pharmaceutical products in a wine-growing area of Alsace, France : combined indoor and outdoor air and dust sampling Atmospheric Poll Res 16 102362